57 % des Françaises ont déjà simulé un orgasme. Ces chiffres de l’IFOP 2026 ne disent pas que les femmes sont mensongères. Ils disent que quelque chose, dans la façon dont la sexualité se vit dans les couples, rend la vérité difficile à exprimer.
Pourquoi on simule : un geste de protection
La simulation n’est presque jamais un acte de tromperie délibéré. Elle est le plus souvent un geste de protection — pour l’autre (ne pas blesser son estime de soi) et pour soi (éviter la conversation difficile). Ce qui la rend possible, c’est un espace dans lequel la vérité n’a pas encore pu être dite.
Ce que ça fait au lien : un coût invisible
La simulation est une solution à court terme qui crée un problème à long terme. Elle maintient une sexualité qui ne convient pas. Elle prive le partenaire d’une information qui lui permettrait de s’ajuster. Et elle installe une distance invisible — je suis là mais je ne suis pas vraiment là — qui finit par peser sur le lien tout entier.
« J’ai simulé pendant des années. Pas parce qu’il ne m’aimait pas. Parce que je ne savais pas comment lui dire ce dont j’avais vraiment besoin. En consultation, j’ai appris à formuler ça autrement. Ce n’était pas lui le problème. C’était que je n’avais jamais pu dire."
Comment sortir de la simulation : sans rupture et sans confession massive
Dire « je simulais" à quelqu’un avec qui on partage sa vie est l’une des conversations les plus délicates qui soit. Ce n’est pas nécessaire de tout dire d’un coup. Ce qui est possible : commencer à exprimer ce dont on a envie, progressivement. « J’aimerais qu’on essaie autrement" est un point de départ doux mais réel.
Vous simulez régulièrement et vous ne savez pas comment changer cela sans blesser l’autre.
En parler avec Élodie →Vous simulez régulièrement et vous ne savez pas comment changer cela.
Vous ne savez pas comment dire à votre partenaire ce que vous aimeriez vraiment.
Vous avez l’impression que votre plaisir est secondaire dans votre sexualité de couple.
Vous êtes le partenaire et vous avez l’intuition que quelque chose n’est pas dit.
Vous voulez construire un espace où la vérité sexuelle est possible pour les deux.
Ce que vit celui qui reçoit : l’intuition sans confirmation
Du côté du partenaire qui ne simule pas, il y a parfois une intuition diffuse que quelque chose ne se dit pas. Une impression que les réactions sont un peu trop prévisibles, un peu trop rapides. Une sensation que l’autre est là mais pas vraiment là. Cette intuition est rarement formulée parce qu’elle est difficile à nommer sans blesser. Et parfois parce qu’on préfère ne pas savoir.
Cette double zone d’insu — l’un ne dit pas, l’autre ne demande pas — est l’espace où la simulation peut durer des années. Pas par malveillance des deux côtés. Par manque d’un espace où la vérité serait suffisamment sécurisante pour être dite.
Ce que la simulation dit du script sexuel : une question plus large
La simulation de l’orgasme n’est pas seulement un phénomène individuel. Elle est le symptôme d’un script sexuel dans lequel l’orgasme féminin est attendu d’une certaine façon, à un certain moment, et où ne pas y arriver serait un échec à gérer. La simulation est une façon de se conformer à ce qu’on croit que le script attend.
Ce script place l’orgasme comme la conclusion normale d’un rapport réussi. Il ne laisse pas de place pour un plaisir qui ne serait pas spectaculaire, pour un rapport satisfaisant sans orgasme, pour des préférences qui sortent de la norme implicite. En changeant le script — en recentrant l’expérience sexuelle sur le plaisir réel plutôt que sur l’orgasme comme performance — on réduit mécaniquement la simulation.
Quand la simulation s’arrête : ce qui change
Ce que j’observe chez les personnes qui cessent de simuler — progressivement, par petites ouvertures successives — ce n’est pas seulement une sexualité qui change. C’est une relation à soi qui change. Dire la vérité de son plaisir, exprimer ce qu’on aime et ce qu’on n’aime pas, demander, orienter : tout cela demande de se positionner comme sujet dans la relation sexuelle. Pas comme quelqu’un qui répond à l’autre, mais comme quelqu’un qui habite l’expérience.
Ce glissement — de la réponse à la présence — change quelque chose de profond. Et il ne dépend pas du partenaire. Il dépend de la décision de prendre sa place.
Ce que permet la consultation : un espace pour nommer
La consultation individuelle ou de couple crée un espace dans lequel ces conversations peuvent commencer. Pas forcément directement entre les deux — parfois d’abord individuellement, pour trouver les mots. Pour comprendre ce qu’on veut vraiment. Pour mettre en lumière ce qui s’est construit sans qu’on le choisisse vraiment.
Ce n’est pas une démarche pour démasquer ou corriger. C’est une démarche pour ouvrir — vers une sexualité dans laquelle les deux sont vraiment présents, vraiment là, vraiment nourris par ce qui se passe entre eux.

J’accompagne les personnes et les couples à mieux vivre leur relation et leur sexualité. En cabinet à Quint-Fonsegrives lun–ven. En visio lun–dim.
En savoir plus →Ce que la simulation fait a la relation a long terme : un cout que l'on ne voit pas
La simulation de l'orgasme est souvent vecue comme une solution a court terme. On evite la conversation difficile. On protege l'autre. On passe a autre chose. Mais a long terme, elle installe une distance subtile dans la relation intime. On est la mais pas vraiment la. On partage quelque chose mais pas vraiment. Cette distance ne se voit pas au quotidien. Mais elle se ressent. Et elle finit par colorer la relation bien au-dela du lit.
Ce que j'observe chez les personnes qui ont simule pendant longtemps : un sentiment croissant de ne pas etre vraiment connues par leur partenaire. De jouer un role. Ce n'est pas un reproche a l'autre. C'est le resultat d'un espace qui n'a jamais ete cree pour dire la verite.
Ce qui rend la verite possible : la securite affective avant les mots
Pour que la verite sexuelle puisse etre dite, il faut que l'espace relationnel soit suffisamment securisant. Un partenaire qui reagit mal aux feedbacks, qui interprete toute information comme une critique, rend la verite impossible. Ce n'est pas la faute de celui qui se tait. C'est un probleme de contexte relationnel.
Ce que le travail accompagne permet : creer cet espace. Apprendre a donner et a recevoir des informations sur la sexualite sans que ce soit vecu comme un verdict. Quand les deux ont appris a parler de leur vie intime avec curiosite plutot qu'avec peur, la simulation perd sa raison d'etre. Parce que la verite est enfin plus douce a dire que le silence.
Ce que je retiens de ces consultations : personne ne simule par plaisir. Tout le monde simule pour une bonne raison, du moins au depart. Ce qui change quand on cesse de simuler, c'est qu'on redevient l'auteur de sa propre experience sexuelle : pas seulement un partenaire qui repond, mais quelqu'un qui habite vraiment ce qui se passe.
Questions fréquentes sur
simuler l’orgasme dans le couple
Pas nécessairement de façon exhaustive. La direction compte plus que la confession. Dire « j’aimerais qu’on explore autre chose" est souvent plus utile que « j’ai simulé pendant des années."
Parce que l’orgasme féminin est moins automatique, plus contextuel, et parce que le script sexuel dominant est moins centré sur le plaisir féminin. Simuler est aussi une façon de protéger l’autre ou d’éviter une conversation qu’on ne sait pas avoir.
Cela commence par parler de sexualité en dehors de la sexualité, dans un moment calme. « Y a-t-il des choses qu’on n’a jamais essayées et que tu aimerais explorer ?" ouvre bien plus que « est-ce que tu jouis vraiment ?"
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