Il y a des mots qui arrivent dans le cabinet comme une blessure encore fraîche. Des femmes qui s’excusent d’exister dans leur corps. Des hommes qui n’ont jamais osé dire qu’ils ne se reconnaissaient pas dans ce qu’ils voyaient dans le miroir. Des personnes qui ont traversé des années d’intimité vécue à distance d’elles-mêmes, comme spectatrices de leur propre vie amoureuse et sensuelle. Ce que j’entends, en filigrane, c’est toujours la même chose : « je ne mérite peut-être pas d’être désiré·e tel·le que je suis ».
Le Body Positive — ou positivité corporelle — est entré dans nos conversations publiques avec la force d’un hashtag, d’un mouvement, d’une revendication. Mais dans mon travail quotidien de sexologue à Toulouse, il ne s’agit pas d’un slogan. C’est le socle à partir duquel on reconstruit quelque chose d’essentiel : le droit d’habiter son corps. Le droit de désirer et d’être désiré·e. Le droit à une sexualité qui ne soit pas un terrain de honte, mais un espace de présence à soi.
Cet article est long, parce que le sujet le mérite. Parce que les injonctions que nous avons intériorisées se sont installées doucement, sur des années, et qu’elles ne se démontent pas en trois phrases. Je vais prendre le temps d’explorer avec vous ce que le Body Positive est vraiment — et ce qu’il n’est pas —, comment les normes corporelles abîment la sexualité, comment ce travail se passe concrètement en consultation, et pourquoi cette démarche peut changer profondément votre rapport à vous-même et à l’autre.
Body Positive : bien plus qu’une tendance Instagram
Avant de parler de sexualité et d’estime de soi, remettons les choses dans leur contexte. Le Body Positive, tel qu’il est souvent présenté aujourd’hui, ressemble à des photos de corps ronds sur des réseaux sociaux, à des slogans sur l’amour propre, à des marques qui vantent leur inclusivité. C’est réel, c’est utile — et c’est aussi une récupération commerciale d’un mouvement bien plus profond et bien plus politique.
Les racines du Body Positive plongent dans les années 1960, dans le Fat Acceptance Movement aux États-Unis, porté par des femmes grosses qui se battaient contre une discrimination systémique : dans la médecine, dans l’emploi, dans les transports, dans les représentations culturelles. Ce n’était pas un mouvement pour se sentir « bien dans sa peau » au sens lifestyle du terme. C’était une lutte pour exister dignement dans une société qui avait décrété que certains corps étaient moins valables que d’autres.
En 1996, Connie Sobczak et Elizabeth Scott fondent The Body Positive, une organisation qui élargit cette vision en incluant toutes les formes de discrimination corporelle : la grossophobie, mais aussi le validisme, le racisme qui s’exprime à travers des normes esthétiques blanches, la transphobie, l’âgisme. L’idée centrale : votre valeur en tant qu’être humain n’est pas conditionnelle à votre apparence.
Pourquoi est-ce important de le rappeler ? Parce que la version édulcorée du Body Positive — celle qui vous dit d’« aimer votre corps » sans questionner les structures qui vous ont appris à le détester — peut devenir une injonction supplémentaire. Une pression de plus. Et dans mon travail, j’ai appris à me méfier des injonctions, même celles qui se présentent comme bienveillantes.
La positivité corporelle n’est pas l’obligation de s’aimer
C’est peut-être la chose la plus importante que je peux dire dans cet article : le Body Positive ne vous demande pas d’aimer votre corps chaque matin en vous levant. Il ne vous demande pas de trouver votre ventre magnifique, vos cicatrices belles, votre silhouette parfaite. Ce serait remplacer une tyrannie par une autre.
Ce qu’il propose, c’est quelque chose de plus réaliste et de plus profond : une neutralité bienveillante. Apprendre à regarder son corps comme un territoire à habiter, pas comme un problème à résoudre. Cesser la guerre. Pas forcément tomber amoureux·se de ce qu’on voit, mais arrêter de se punir pour ça.
En consultation, je travaille beaucoup avec cette nuance. Parce que les personnes qui viennent me voir portent souvent une double charge : la honte de leur corps, et la honte de ne pas réussir à l’aimer « correctement ». La positivité corporelle, dans mon approche, c’est d’abord apprendre à interrompre le discours intérieur violent. Avant même d’envisager l’amour, on cherche la trêve.
Comment les normes corporelles abîment la sexualité
Ce lien entre image du corps et vie intime n’est pas une intuition : c’est une réalité clinique que je rencontre quotidiennement. La façon dont vous habitez votre corps en dehors du lit détermine en grande partie comment vous l’habitez dans le lit. Et les messages que vous avez reçus sur votre corps — depuis l’enfance, depuis l’adolescence, à travers les médias, les comparaisons, les remarques —, ces messages-là ne s’effacent pas quand vous vous déshabilllez devant quelqu’un.
Il y a plusieurs mécanismes que j’observe régulièrement en consultation, et que je veux nommer clairement.
La surveillance du corps : quand vous devenez spectateur·rice de vous-même
Les chercheuses Barbara Fredrickson et Tomi-Ann Roberts ont développé dans les années 90 le concept d’auto-objectivation : le fait que nous apprenons, notamment sous l’effet des représentations médiatiques, à nous observer de l’extérieur, à nous évaluer comme des objets. Ce phénomène a un impact direct sur la sexualité.
Concrètement, cela ressemble à ça : vous êtes dans un moment intime, et une partie de vous est en train de surveiller votre ventre, de vous demander si votre partenaire remarque votre cellulite, de vous inquiéter de l’angle dans lequel vous apparaissez. Vous n’êtes plus dans le ressenti. Vous êtes dans l’évaluation. Et quand vous êtes dans l’évaluation, le plaisir n’a plus de place.
Ce « spectatoring », pour reprendre le terme clinique, est l’un des mécanismes les plus fréquents derrière les difficultés de désir, les problèmes d’orgasme, les douleurs lors des rapports. Le corps qui se regarde ne peut pas se vivre.
→ Vous vous reconnaissez dans ce mécanisme ? On peut en parler — sexologuetoulouse.com
La honte corporelle et l’évitement de l’intimité
La honte est une émotion sociale puissante. Elle nous dit que nous ne sommes pas seulement différent·e de la norme — elle nous dit que nous sommes fondamentalement moins valables. Et contrairement à la culpabilité, qui porte sur un acte, la honte porte sur l’être. Ce n’est pas « j’ai fait quelque chose de mal », c’est « je suis quelque chose de mal ».
Appliquée au corps, la honte produit des stratégies d’évitement : on refuse certaines positions, on n’ose pas se déshabiller en pleine lumière, on évite les miroirs, on repousse les rapports, on reste habillé·e aussi longtemps que possible. Ces stratégies protègent de l’exposition mais elles appauvrissent considérablement la vie intime. Et souvent, elles génèrent une nouvelle honte : celle de ne pas être « normal·e » dans sa sexualité.
J’entends régulièrement des personnes me dire qu’elles n’ont jamais fait l’amour avec la lumière allumée. Ou qu’elles ne savent pas ce que c’est que d’être présent·e dans un moment intime, parce qu’elles sont toujours à surveiller, à gérer, à anticiper le regard de l’autre.
Les injonctions de performance et la pression à la normalité
Les normes corporelles ne concernent pas seulement l’esthétique. Elles concernent aussi la façon dont on est censé·e fonctionner sexuellement. Érection parfaite, orgasme systématique, corps réactif à la demande, désir toujours présent — ces attentes sont directement liées à une vision du corps comme machine performante.
Le Body Positive, dans son articulation avec la sexualité, invite à déconstruire aussi ces injonctions-là. Il n’y a pas de « bonne façon » de désirer, pas de standard universel de la réactivité sexuelle, pas de corps qui devrait fonctionner d’une certaine manière à un certain moment. Les corps sont variés, les désirs sont variés, les rythmes sont variés. C’est une évidence que les normes sociales effacent systématiquement.
Mon approche en consultation : le corps comme territoire à reconquérir
Quand quelqu’un arrive en consultation avec des difficultés sexuelles liées à l’image du corps, je ne commence pas par la sexualité. Je commence par la relation au corps. Parce que vous ne pouvez pas reconstruire une vie intime épanouie sur un socle de guerre contre soi-même.
Mon approche est psychocorporelle et humaniste. Ce que ça veut dire concrètement : je travaille autant sur les représentations, les croyances et les histoires que vous portez sur votre corps, que sur les sensations, les émotions et les expériences vécues dans ce corps. Les deux dimensions sont inséparables.
Identifier les croyances limitantes sur le corps
Nous avons toutes et tous un récit interne sur notre corps. Ce récit s’est construit à partir de messages reçus : une remarque d’un parent sur votre poids à huit ans, des moqueries à l’adolescence, une comparaison mal placée dans un couple, des années de régimes qui vous ont appris à traiter votre corps comme un adversaire.
Une grande partie du travail consiste à rendre ces croyances visibles. Pas pour les effacer magiquement, mais pour ne plus en être prisonnier·ère à son insu. Quand vous savez d’où vient l’idée que votre corps « n’est pas bien », vous pouvez commencer à choisir si vous voulez continuer à y croire.
Ce travail d’exploration peut être douloureux. Il touche souvent des couches profondes, des moments de vulnérabilité passée. Je l’accompagne avec beaucoup de douceur et un cadre sécurisant, où rien n’est précipité.
Se reconnecter aux sensations : le corps comme source de plaisir
L’une des grandes pertes que génère la honte corporelle, c’est la déconnexion aux sensations. Quand vous êtes en mode surveillance, vous ne ressentez pas. Le plaisir devient inaccessible, ou partiel, ou entaché d’une culpabilité diffuse.
Je propose des exercices de reconnexion sensorielle — souvent pratiqués seul·e, entre les séances — qui permettent de réapprendre à habiter le corps par le ressenti plutôt que par le regard. Des pratiques de pleine conscience appliquée au corps, des explorations douces du toucher bienveillant, des exercices d’ancrage qui permettent de revenir dans le présent physique plutôt que de rester dans la tête évaluatrice.
Ce n’est pas de la thérapie corporelle au sens pratique du terme — je travaille par la parole, par l’exploration psychologique et par des exercices proposés en dehors des séances. Mais la dimension corporelle est toujours présente, parce qu’elle est le lieu de l’expérience.
Travailler le regard de l’autre et la vulnérabilité dans l’intimité
Il y a une dimension relationnelle dans la honte corporelle qui est souvent sous-estimée : la peur du regard de l’autre. Pas seulement un regard hypothétique ou imaginaire — parfois, un regard réel qui a blessé. Un partenaire qui a fait une remarque, un amant qui a eu une réaction, une relation où vous avez senti que votre corps était un problème.
En sexothérapie, on travaille aussi sur la capacité à être vu·e. À tolérer la vulnérabilité de l’exposition, pas parce que c’est agréable au début, mais parce que l’intimité réelle passe par là. On ne peut pas vraiment rencontrer l’autre si on est constamment en train de se protéger de son regard.
Pour les personnes en couple, ce travail peut se faire conjointement. Apprendre à demander un regard bienveillant, à exprimer ses peurs à l’autre, à créer un espace dans la relation où le corps peut être accueilli tel qu’il est — c’est un travail profondément réparateur.
Corps divers, identités plurielles : le Body Positive est un mouvement inclusif
Dans ma pratique, j’accueille des personnes très différentes. Des femmes de 25 ans qui souffrent de dysmorphophobie depuis l’adolescence. Des hommes de 50 ans qui n’ont jamais parlé à personne de leur relation complexe à leur corps vieillissant. Des personnes trans en plein processus de transition qui redécouvrent leur corps dans un nouveau rapport à eux-mêmes. Des personnes en situation de handicap qui ont internalisé l’idée que leur corps n’était pas un corps désirable.
Le Body Positive, dans son sens le plus large et le plus juste, reconnaît que les corps sont divers — et que cette diversité n’est pas une déviation par rapport à une norme, mais simplement la réalité humaine. Il n’y a pas de corps « de base » par rapport auquel les autres seraient des variantes. Il y a des corps. Multiples, changeants, porteurs d’histoires.
La grossophobie et son impact sur la sexualité
La grossophobie est l’une des formes de discrimination les plus banalisées. Elle s’exprime dans le médical (des symptômes renvoyés au poids plutôt que pris en charge sérieusement), dans les représentations (très peu de corps gros désirables et désirés dans les médias grand public), dans le quotidien (des remarques considérées comme normales, voire comme de la bienveillance).
Les personnes qui vivent dans des corps gros ont souvent internalisé cette grossophobie ambiante. Elles arrivent parfois en consultation en ayant déjà accepté l’idée que leur corps était un obstacle au désir — pour elles-mêmes, pour les autres. Le travail consiste alors à démêler ce qui appartient à leurs expériences réelles de celles qui leur ont été imposées. À distinguer la réalité de l’introjection.
Handicap, maladie chronique et sexualité : des corps qui ont droit au désir
Les personnes en situation de handicap ou vivant avec une maladie chronique font face à une double invisibilisation : leurs corps sont souvent absents des représentations du désir, et leurs besoins sexuels sont rarement abordés dans les parcours de soin. Pourtant, le désir, l’intimité, le plaisir ne disparaissent pas avec la maladie ou le handicap. Ils se transforment, ils demandent parfois de l’adaptation, ils questionnent — mais ils existent.
Mon accompagnement intègre cette dimension. Travailler le rapport au corps dans ce contexte, c’est aussi travailler sur le deuil du corps d’avant, sur l’adaptation, sur la découverte de nouvelles façons d’habiter l’intime. C’est un travail délicat qui demande beaucoup de respect et d’ajustement.
Corps trans et sexualité : se réapproprier un corps en transition
Pour les personnes trans, la relation au corps peut être particulièrement complexe. La dysphorie de genre — le sentiment de décalage entre le corps vécu et le corps ressenti — touche directement la sexualité. Certaines personnes vivent des années d’évitement de l’intimité, d’incapacité à se laisser regarder, de dissociation lors des rapports.
Dans mon cabinet, j’accueille ces expériences sans jugement et sans supposer que l’accompagnement prendra une forme particulière. Chaque parcours est unique. Ce qui m’importe, c’est de créer un espace où la personne peut explorer sa relation au corps et à la sexualité à son propre rythme, avec ses propres mots.
Se réapproprier son plaisir : le Body Positive dans la vie intime concrète
Parler de Body Positive en termes abstraits, c’est utile. Mais ce qui m’intéresse, c’est ce que ça change concrètement dans votre vie intime. Parce que les idées, aussi belles soient-elles, ne réchauffent pas un lit.
Se réapproprier son plaisir, c’est d’abord se donner la permission de le chercher. Beaucoup de personnes arrivent en consultation sans avoir jamais vraiment exploré ce qu’elles aimaient, ce qui les excitait, ce dont elles avaient besoin dans l’intimité. La honte corporelle avait occupé tout l’espace, laissant très peu de place pour la curiosité.
Le plaisir solitaire comme espace de reconnexion
La masturbation est souvent le premier espace de travail que je propose, quand la personne y est ouverte. Non pas comme une pratique mécanique, mais comme un laboratoire de reconnexion à soi. Un endroit où il n’y a pas de regard extérieur, pas de performance à assurer, pas d’attente à satisfaire. Juste vous, votre corps, et la question : qu’est-ce qui me fait du bien ?
Beaucoup de personnes n’ont jamais eu de relation apaisée avec leur propre corps dans un contexte sensuel. Soit parce qu’elles n’ont jamais vraiment exploré, soit parce que la honte était trop présente. Ce travail de reconnexion solitaire est souvent une étape fondatrice.
La communication dans le couple : nommer ce qu’on ressent
Quand la honte corporelle est présente dans une relation, elle crée souvent un espace de silence autour des besoins et des peurs. On ne dit pas à son partenaire qu’on évite certaines positions parce qu’on se trouve moche dans cet angle. On ne dit pas qu’on a besoin que les lumières soient éteintes. On ne dit pas qu’on a besoin d’entendre qu’on est désirable.
Une partie de mon travail en thérapie de couple consiste à créer les conditions pour que ces choses puissent être dites. Pas dans la plainte, pas dans l’accusation, mais dans la vulnérabilité partagée. Les couples qui parviennent à avoir ces conversations découvrent souvent qu’ils se rejoignent beaucoup plus qu’ils ne le pensaient.
Désir et désirabilité : changer la question
Une des transformations les plus importantes que j’observe chez les personnes qui font ce travail, c’est le déplacement de la question centrale. Au départ, la question est souvent : « est-ce que je suis désirable ? » — une question tournée vers l’extérieur, vers le regard de l’autre, vers une évaluation. Progressivement, la question devient : « qu’est-ce que je désire ? » — une question intérieure, active, qui replace la personne comme sujet de sa propre vie sexuelle.
Ce déplacement ne se fait pas en une séance. Il se construit sur plusieurs mois, à travers des prises de conscience, des expériences, des récits. Mais quand il arrive, il change réellement quelque chose dans la façon dont on vit l’intimité.
→ Vous voulez faire ce chemin ? Prenez rendez-vous sur sexologuetoulouse.com
Body Positive et estime de soi : le chemin du dedans vers le dehors
L’image du corps et l’estime de soi sont deux choses liées mais distinctes. L’image du corps, c’est la façon dont vous percevez et évaluez votre corps. L’estime de soi, c’est la valeur que vous vous accordez en tant que personne. Les deux s’influencent mutuellement, et les deux peuvent être travaillées.
Dans ma pratique, je remarque que les personnes qui ont une image corporelle très négative ont souvent une estime de soi globalement fragilisée. Leur corps est devenu le miroir de leur sentiment de non-valeur. Travailler l’image du corps sans travailler l’estime de soi serait superficiel — et inversement.
Les origines de l’estime de soi : ce qu’on a reçu, ce qu’on porte
L’estime de soi se construit très tôt. Elle se bâtit sur les regards reçus dans l’enfance, sur la façon dont on a été vu·e, accueilli·e, valorisé·e — ou pas. Elle se construit aussi à travers les expériences ultérieures : les relations, les succès, les échecs, les blessures.
Beaucoup de personnes qui souffrent d’une image corporelle négative portent en réalité une blessure d’estime bien plus ancienne que le problème apparent. Le corps est devenu le lieu d’expression de quelque chose qui vient d’ailleurs : d’un sentiment de ne pas être à la hauteur, de ne pas mériter, de ne pas être suffisamment bien.
Ce travail d’exploration des origines est souvent le plus transformateur. Ce n’est pas toujours confortable — revisiter ces couches profondes demande du courage. Mais c’est ce qui permet de ne plus être gouverné·e par des messages reçus il y a 30 ans.
Cultiver l’estime de soi au quotidien : des pratiques concrètes
L’estime de soi ne se décrète pas. Elle se cultive, progressivement, à travers des habitudes, des choix, des expériences. Quelques pistes que j’explore souvent avec les personnes que j’accompagne :
- Changer le registre dans lequel on parle de son corps : passer du regard esthétique (« je n’aime pas ») au regard fonctionnel et bienveillant (« ce corps me permet de marcher, de ressentir, de respirer »)
- Prêter attention au discours intérieur et apprendre à l’interrompre quand il devient violent — pas pour le remplacer par un discours faussement positif, mais pour créer une pause
- Exposer son corps à des expériences de plaisir non sexuelles : un bain chaud, un massage, une danse — des façons de réapprendre que le corps peut être une source de bien-être
- Curating ses espaces de représentation : suivre des comptes qui montrent des corps variés, remettre en question les standards visuels auxquels on s’expose quotidiennement
- Se raconter une nouvelle histoire sur son corps — pas dans le déni, mais dans la reconstruction narrative : non plus l’histoire d’un corps-problème, mais celle d’un corps-outil, d’un corps-histoire, d’un corps qui a traversé des choses
Un accompagnement sur mesure : comment se passe le travail concrètement
Quand vous venez me consulter pour des questions liées à l’image du corps et à la sexualité, voici ce que vous pouvez attendre.
La première séance est un espace d’écoute et d’exploration. Je veux comprendre votre histoire, votre rapport à votre corps, ce qui vous a amené·e à consulter. Je veux aussi comprendre ce que vous espérez, ce dont vous avez besoin, ce qui vous fait peur. Il n’y a pas de jugement dans cet espace. Il y a de la curiosité et de la bienveillance.
Les séances suivantes s’organisent autour de votre rythme et de vos besoins. Il n’y a pas de protocole figé, parce que chaque personne est différente. Ce qui compte, c’est que vous sentiez que l’accompagnement vous appartient — qu’il sert votre chemin, pas un modèle préétabli.
Je travaille en présentiel à Quint-Fonsegrives, à l’est de Toulouse, et en téléconsultation pour les personnes éloignées ou qui préfèrent cet espace. Les deux formats permettent un travail en profondeur.
Un accompagnement sur trois mois : pour se retrouver en profondeur
Pour les personnes qui souhaitent s’engager dans un travail structuré sur la durée, je propose un accompagnement de trois mois. Deux séances par mois, plus un espace WhatsApp pour échanger entre les séances, poser des questions, partager ce qui émerge. Ce format crée une continuité qui permet des transformations profondes.
Cet accompagnement est conçu pour toute personne qui souhaite travailler en profondeur son rapport à elle-même : image corporelle, estime de soi, vie intime, relation au désir. Il est intensif dans le sens où il demande un engagement réel — mais pas dans le sens d’une mise sous pression. C’est un espace pour prendre soin de soi, sérieusement.
Pourquoi consulter un·e sexologue pour travailler son image corporelle ?
Peut-être vous demandez-vous si c’est « suffisamment grave » pour consulter. Si vos difficultés méritent un accompagnement professionnel ou si vous devriez juste « faire des efforts » pour vous accepter. Laissez-moi vous dire quelque chose clairement : vous n’avez pas besoin de souffrir énormément pour avoir le droit à de l’aide. Et souffrir de votre image corporelle au point que ça affecte votre vie intime, c’est suffisant.
Voici quelques signaux qui peuvent indiquer qu’un accompagnement sexologique autour du Body Positive serait utile pour vous :
- Vous évitez régulièrement l’intimité physique à cause de ce que vous ressentez par rapport à votre corps
- Vous n’êtes pas présent·e pendant les rapports — vous êtes « dans votre tête », à surveiller, à évaluer
- Vous avez du mal à recevoir du plaisir, à vous laisser aller, à lâcher prise
- Vous avez l’impression que votre corps est un obstacle dans votre vie amoureuse et sensuelle
- Votre image corporelle affecte votre confiance dans votre relation ou dans les nouvelles rencontres
- Vous traversez un changement corporel (grossesse, ménopause, maladie, vieillissement, opération) qui modifie votre rapport à vous-même
- Vous avez envie de vivre une sexualité plus libre, plus présente, plus épanouissante — et vous sentez que votre rapport au corps vous en empêche
→ Si vous avez coché plusieurs de ces points, n’attendez pas. Prenez rendez-vous sur sexologuetoulouse.com
Consulter un·e sexologue, c’est choisir de ne plus faire seul·e un chemin qui mérite d’être accompagné. Ce n’est pas un aveu de faiblesse. C’est un acte de confiance envers soi-même — celui de dire : je mérite mieux que de rester là où je suis.
Je travaille à Toulouse et en téléconsultation. Si vous souhaitez échanger sur votre situation avant de prendre rendez-vous, vous pouvez me contacter directement. La première conversation n’engage à rien — elle sert juste à voir si ça peut vous correspondre.
✨ Vous vous reconnaissez dans ce que vous venez de lire ?
N’hésitez pas — prenez rendez-vous. Je vous accompagne dans un cadre doux, professionnel et sans jugement, en présentiel à Toulouse ou en téléconsultation partout en France.
👉 Prendre rendez-vous sur sexologuetoulouse.com
FAQ – Questions fréquentes sur le Body Positive et la sexualité
Qu’est-ce que le Body Positive exactement ?
Le Body Positive est un mouvement social et culturel qui revendique le droit à la dignité pour tous les corps, indépendamment de leur taille, leur forme, leur couleur, leur âge ou leur capacité. Il s’est développé à partir des luttes féministes et anti-grossophobie des années 1960 aux États-Unis, et a été formalisé en 1996 avec la création de The Body Positive par Connie Sobczak et Elizabeth Scott. Dans son sens profond, il ne s’agit pas simplement d’une démarche personnelle d’acceptation — c’est aussi une critique des systèmes qui hiérarchisent les corps et discriminent ceux qui ne correspondent pas à la norme.
Le Body Positive est-il vraiment différent d’une simple tendance sur les réseaux sociaux ?
Oui, profondément. La version visible sur Instagram — des corps variés présentés comme « beaux » — est une appropriation commerciale et médiatique d’un mouvement bien plus radical. Le Body Positive original ne disait pas « tous les corps sont beaux » (ce qui reste une évaluation esthétique). Il disait : la valeur d’une personne ne dépend pas de l’apparence de son corps. C’est une affirmation politique et éthique, pas un standard esthétique élargi. Cette distinction est importante pour ne pas remplacer une injonction par une autre.
Peut-on être Body Positive et vouloir changer son corps ?
Oui. Le Body Positive ne dit pas que vous ne pouvez pas vouloir changer certaines choses dans votre corps. Il dit que vous n’avez pas à vous haïr en attendant ce changement — et que votre valeur n’est pas conditionnelle à ce changement. Vous pouvez vouloir perdre du poids pour des raisons de santé, reprendre du sport pour vous sentir mieux, modifier quelque chose de votre apparence — et en même temps, apprendre à ne plus vous maltraiter en attendant. L’un n’exclut pas l’autre. Ce que le Body Positive remet en question, c’est la logique de la honte comme moteur du changement.
Quel est le lien entre image corporelle et sexualité ?
Le lien est direct et profond. La façon dont vous habitez votre corps au quotidien détermine en grande partie comment vous l’habitez dans l’intimité. Une image corporelle négative génère de l’auto-surveillance pendant les rapports (ce que les chercheurs appellent le « spectatoring »), de l’évitement de certaines situations d’intimité, des difficultés à recevoir le plaisir, des blocages dans l’orgasme ou le désir. Inversement, travailler son rapport au corps — même partiellement — a des effets mesurables sur la vie sexuelle. Ce n’est pas une coïncidence : le corps est le lieu de l’expérience érotique.
Est-ce que le Body Positive concerne aussi les hommes ?
Absolument. Même si la pression esthétique s’exprime différemment selon le genre, les hommes souffrent eux aussi d’image corporelle négative — autour de la musculature, de la taille du pénis, de la prise de poids, du vieillissement, de la calvitie. Ces préoccupations sont souvent moins exprimées parce qu’elles sont moins « autorisées » socialement, ce qui peut les rendre plus enfouies et plus compliquées à travailler. La honte corporelle masculine existe, elle affecte la sexualité, et elle mérite tout autant d’être prise en charge.
Quels sont les dangers du Body Positive ?
Il y en a quelques-uns à connaître. Le premier, c’est la transformation du mouvement en injonction : il faut s’aimer, tout le temps, sans failles. Cette pression peut culpabiliser les personnes qui souffrent encore de leur image, en leur faisant croire qu’elles « échouent » même à ça. L’acceptation du corps est un chemin, pas une destination qu’on atteint une fois pour toutes. Le deuxième danger, c’est la récupération commerciale : des marques qui utilisent le vocabulaire du Body Positive pour vendre tout en perpétuant des standards esthétiques. Le troisième, c’est une version du mouvement qui ne questionne pas les structures — qui se contente de dire « aimez-vous » sans interroger pourquoi la société vous a appris à vous détester. Un Body Positive qui n’est pas politique reste incomplet.
Comment avoir une image corporelle plus positive ?
C’est un chemin qui prend du temps et qui demande souvent un accompagnement. Quelques points de départ concrets : questionner les sources qui alimentent votre regard sur votre corps (réseaux sociaux, publicités, commentaires familiaux), pratiquer une présence bienveillante à votre corps à travers des expériences sensorielles douces, apprendre à interrompre le discours intérieur critique, travailler à élargir la valeur que vous vous accordez au-delà de votre apparence. Mais attention : l’image corporelle est rarement juste un problème de « pensée positive ». Elle touche des couches profondes qui méritent souvent un travail thérapeutique accompagné.
Qui a créé le mouvement Body Positive ?
Le mouvement tel qu’on le connaît aujourd’hui est souvent associé à la création de The Body Positive en 1996 par Connie Sobczak et Elizabeth Scott, aux États-Unis. Mais ses racines sont plus anciennes : le Fat Acceptance Movement des années 1960, les luttes féministes des années 1970 contre la médicalisation du corps féminin, les combats des personnes handicapées pour leur droit à une vie sexuelle et affective. C’est un héritage militant qui s’est progressivement élargi pour inclure toutes les formes de discrimination corporelle.
Le Body Positive est-il réservé aux femmes grosses ?
Non. Même si le mouvement a émergé en grande partie de la lutte contre la grossophobie, il s’est élargi pour inclure toutes les formes de corps marginalisés ou discriminés : les corps vieillissants, les corps handicapés, les corps trans, les corps racisés selon des standards de beauté blancs, les corps marqués par la maladie ou les cicatrices. Ce qu’il affirme, c’est que chaque corps mérite dignité et respect — ce qui ne se limite pas à une morphologie particulière.
Pourquoi consulter un·e sexologue pour travailler le Body Positive ?
Parce que l’image corporelle, quand elle affecte la sexualité, touche des couches qui ne se travaillent pas seules — ou en tout cas, pas facilement. Un·e sexologue formé·e à ces questions peut vous aider à identifier d’où viennent vos croyances sur votre corps, à comprendre les mécanismes qui bloquent votre présence dans l’intimité, à reconstruire un rapport à vous-même qui soit moins douloureux. Ce n’est pas un travail magique. C’est un travail progressif, accompagné, dans un cadre sécurisant.
Consulter, c’est aussi reconnaître que vous méritez cet espace. Que vos difficultés sont réelles, qu’elles ont une histoire, et qu’elles peuvent évoluer. La sexologie n’est pas réservée aux « cas graves » — elle est là pour toutes les personnes qui souhaitent vivre une vie intime plus libre, plus présente, plus épanouissante.
Si vous vous reconnaissez dans ce que vous avez lu dans cet article — si quelque chose a résonné, si une partie de vous a dit « c’est exactement ça » — alors c’est peut-être le moment. Je suis disponible en présentiel à Toulouse et en téléconsultation partout en France. Prenez rendez-vous directement sur sexologuetoulouse.com.
💬 Vous vous reconnaissez ? N’hésitez pas.
Que vous soyez à Toulouse ou à l’autre bout de la France, je vous accompagne en consultation individuelle ou en thérapie de couple, en présentiel ou à distance. Mon approche est douce, exigeante et toujours à votre rythme.👉 Prendre rendez-vous sur sexologuetoulouse.com


